ERNEST CARPENTIER

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ERNEST CARPENTIER

Message par Veiovis le Sam 10 Mar - 15:01

Histoire de ERNEST CARPENTIER, sur http://desviespassees.over-blog.com/2016/12/trois-freres-dans-la-grande-guerre.html



Je fais un copié collé :

Le 2 août 1914, au lendemain de la déclaration de guerre, des affiches annonçant l’ordre de mobilisation générale étaient placardées sur tous les murs de France.

Ernest, mon grand-père a pris son vélo et il est allé jusqu’à Lillers acheter un pendentif pour Jeanne, sa femme. Le 6 août, il a rejoint son régiment à Arras. Il avait 39 ans, une épouse, trois enfants et une ferme à Saint-Hilaire Cottes.

Son frère cadet, Abel, curé d’Houvin-Houvigneul, a fait sonner le tocsin et il est resté veiller sur ses paroissiens. Exempté de service militaire quand il était séminariste, il l'est à nouveau en 1914.


Mais la guerre qui ne devait durer que quelques semaines, s’enlise. Elle est longue, terrible, meurtrière. Les soldats en première ligne et leurs proches, trop éprouvés, dénoncent les « embusqués », ceux qui ne sont pas mobilisés ou qui ont des emplois protégés à l’arrière. Pour maintenir le moral des troupes, la loi Mourier du 20 février 1917 oblige tous les réformés et les exemptés à repasser devant le Conseil de Révision.

Abel est jugé cette fois bon pour le service. Le 23 mai 1917, il est affecté au 12ème régiment d’artillerie. Un mois plus tard, il est définitivement réformé pour "maladie non imputable au service". Il a retrouvé sa paroisse et, en homme de foi intraitable, il a repris le combat qui était le sien, le salut des âmes.


Charles, le benjamin, avait 25 ans quand il a regagné le 3 août le régiment de dragons basé à Saint-Omer. On le connaissait opportuniste et fanfaron. La guerre en a fait un héros. Il est de toutes les grandes batailles, en Belgique avec le 9ème régiment de cuirassiers, puis dans la Somme et à Verdun avec le 55ème régiment d’artillerie. Il finit la guerre maréchal des logis et reçoit la croix de guerre française et la croix de guerre belge.

Son feuillet matricule le couvre d’éloges : « Très bon sous-officier, venu de la cavalerie dans l’artillerie où il a rendu de grands services. Il a su obtenir des hommes de sa pièce en tout temps et en tout lieu une tenue parfaite et un rendement maximum. Pendant les derniers combats où la batterie était engagée, son attitude brillante a contribué à exceller le moral de ses hommes.»

Comme tous les soldats de 37 à 49 ans, trop âgés pour être en première ligne, Ernest a été affecté dans un régiment d’infanterie territoriale.

Il en connaîtra plusieurs durant le conflit : le 5ème, le 107ème et enfin le 103ème à partir de novembre 1915. Les régiments d’infanterie territoriale remplissaient, en théorie, des missions moins exposées. Ils assuraient la défense des places fortes, entretenaient les routes et les voies ferrées, creusaient les tranchées, ravitaillaient les soldats au front, évacuaient les blessés et ensevelissaient les morts…

Beaucoup perdront la vie dans ces actions dangereuses.

Puis, au fil des mois, la distinction entre l'armée territoriale et l'armée active s'est estompée. Les lourdes pertes subies ont nécessité le renouvellement des hommes en première ligne et les territoriaux se sont retrouvés au front.

L'historique du 103ème régiment d’infanterie témoigne de cet engagement dans la bataille : «Sans cesse envoyé comme renfort, réserve inépuisable d’hommes pleins d’ardeur et d’entrain, le 103ème a compté parmi ses membres nombre de héros (…) Soldats du 103ème territorial, avec le même entrain que les jeunes vous êtes allés au feu, vous avez travaillé avec ténacité ; aucune fatigue ne vous a découragés. Chefs de famille pour la plupart, que tant de liens rattachaient à l’existence, votre sacrifice fut beau.»

Mon grand-père est rentré à Saint-Hilaire Cottes sans blessure et sans médaille mais avec des souvenirs qui ne l’ont plus quitté. Comme celui de ce soldat qui avait tenté de se mutiler pour échapper à l’horreur quotidienne. Ernest a été tiré au sort pour faire partie du peloton d’exécution. Au moment venu, le malheureux s’est écrié : « Vous n’allez pas tuer un camarade ! ». Ce furent ses derniers mots. Des mots qui ont hanté mon grand-père le reste de ses jours.



Sources :
Archives départementale du Pas-de-Calais. Recrutement militaire.
Ministère de la défense (1920) : Historique du 103ème régiment d’infanterie territoriale, Gallica, BNF.
Régiment d’infanterie territoriale, dans Wikipédia, l’encyclopédie libre.
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