archéologie et gazoducs

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archéologie et gazoducs

Message par Veiovis le Sam 10 Mar - 18:15

archéologie et gazoducs





un document à lire en pdf ici https://www.inrap.fr/sites/inrap.fr/files/atoms/files/archeologie_et_gazoducs.pdf









Depuis plus de 40 ans, les archéologues profitent de la pose de gazoducs, presque partout en France, pour découvrir l’histoire des territoires que ces infrastructures traversent. Ce livret montre l’ampleur des travaux archéologiques entrepris dans ce cadre. Soixante-six aménagements ont été suivis, entre 1975 et 2016, dans 53 départements métropolitains, sur un linéaire cumulé représentant plusieurs milliers de kilomètres.

Ce travail de mémoire est d’abord méthodologique, car ces travaux ont exigé une adaptation constante des archéologues de l’Inrap pour répondre, dans les délais, aux particularités des tracés. Il est ensuite scientifique avec 469 sites ou occurrences archéologiques mis au jour, du Paléolithique moyen à l’Époque contemporaine. Enfin, il souligne la diversité des régions et des paysages traversés ainsi que la variété chronologique des sites rencontrés.
Plusieurs opérations emblématiques se détachent par leurs dimensions, l’ampleur des découvertes réalisées, ou parce qu’elles ont marqué la pratique de l’archéologie préventive : les Artères des Hauts de France I et II et l’Artère du Midi, dans les années 1990, et plus récemment l’Arc de Dierrey et le tracé Val de Saône. Leur point commun est d’apporter chacune leur lot de découvertes qui sont autant de contributions à l’enrichissement de la connaissance et de la discipline archéologique.

À la différence de certaines infrastructures (routières, ferroviaires…), les tracés de gazoducs offrent la possibilité d’observer des espaces autrement peu concernés par l’archéologie préventive, notamment des terrains éloignés des zones urbanisées, et proposent une vision renouvelée et parfois inattendue de l’occupation du territoire. Par nature aléatoires, ils permettent d’enrichir la carte archéologique et d’établir la densité d’occupation d’une région pour tendre vers un modèle prédictif. Ce dernier fournit des éléments tangibles qui pourront justifier la mise en œuvre d’un suivi archéologique dans des zones délaissées.
Si les découvertes du Moyen Âge ne comptent que pour  7 à 8 % du total, les sites gaulois et romains (iiie siècle avant notre ère-ve siècle de notre ère) en représentent les deux tiers. Ces proportions traduisent une réalité archéologique : le développement intense, au cours de ces six à sept siècles, de l’exploitation de l’espace rural, par un réseau d’habitats ruraux et de nombreuses structures agraires. Les sites de ces périodes sont également plus faciles à identifier grâce aux nombreux creusements et aux rejets abondants.




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Message par Veiovis le Sam 10 Mar - 18:19

2 Un laboratoire méthodologique

Les questions de méthode ont beaucoup préoccupé les archéologues, car les chantiers de gazoducs diffèrent de ceux auxquels ils sont habitués. Sur le plan méthodologique, ils se répartissent en trois périodes.

De 1975 à 1990, une phase pionnière. Les interventions archéologiques s’apparentent à de la surveillance de travaux. Il faut recueillir de l’information sur des points particuliers (par exemple une voie ancienne) ou des sites archéologiques déjà répertoriés.

Entre 1991 et 2006, une période d’essais sur de grosses infrastructures et de plus petites conduites. Plusieurs méthodes sont testées, avec des prospections pédestres et des études documentaires préalables qui permettent de définir des secteurs d’intervention.

Les découvertes ne constituent qu’un échantillonnage de gisements potentiellement concernés par le tracé de l’ouvrage. À partir de 2007, se fier à ces seules informations apparaît trop réducteur. Une meilleure connaissance du contexte sédimentaire et une expertise accrue des équipes archéologiques permettent d’exploiter au mieux le potentiel des zones traversées.

L’objectif est de sonder le tracé aussi complètement que possible. Un taux d’ouverture de 80 à 90 % du linéaire pour le diagnostic archéologique devient la norme. Se rapprocher de l’exhaustivité permet d’engager les reconnaissances sans a priori, suivant le caractère aléatoire du positionnement du tracé.



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Message par Veiovis le Sam 10 Mar - 18:21

3 La Préhistoire : une période difficile à détecter


La méthode de recherche imposée par le format du gazoduc n’est pas la plus propice pour la Préhistoire, notamment pour les sites profondément enfouis. La majorité des découvertes relatives à cette période  se concentrent dans le nord de la France.

À Corbie et Lahoussoye (Somme) et à Cuvilly (Oise), des restes de taille de silex ont été découverts dans des niveaux de sols anciens formés pendant la dernière période glaciaire du Paléolithique moyen, entre - 105 000 et - 90 000 ans. La plupart du temps ces sols ont disparu, érodés par les glaciations postérieures.

Ici, ils sont exceptionnellement conservés et se prêtent à une étude géomorphologique.  

Ces lieux ont offert à des chasseurs-cueilleurs nomades une situation favorable pour une halte.

Ils étaient abrités, regorgeaient de silex pour la fabrication d’outils et offraient des points d’eau accessibles. Le paysage alentour, composé de zones herbagères ouvertes et de zones boisées, devait être fréquenté par des herbivores qui assuraient la subsistance de Neandertal.

À Warluis (Oise), la traversée de la vallée du Thérain a fait l’objet d’une surveillance de travaux, au cours de laquelle trois gisements du Paléolithique final (- 12 000/- 9600)  et/ou du Mésolithique ancien et moyen (- 9600/- 6900) ont été repérés. Les niveaux préhistoriques étaient peu enfouis et la sédimentation postérieure au Mésolithique quasi absente. Quelques années plus tard, un diagnostic dans une grande carrière à proximité de ce tracé a bénéficié de ces observations et permis d’identifier plusieurs gisements majeurs du Mésolithique.





4 Le Néolithique : majoritaire dans le sud

Trente-cinq sites du Néolithique ont été explorés, essentiellement sur l’Artère du Midi.

Dans le nord, les sites sont surtout connus dans les fonds de vallées, ce qui les rend difficiles à identifier en raison de l’étroitesse du tracé de gazoduc.

À Quarante (Hérault), les vestiges d’un habitat du Néolithique moyen (milieu du ve millénaire) documentent une période mal connue au moment de cette découverte. La fouille a mis au jour des outils en silex, des pointes de flèche, des récipients en céramique décorés qui permettent de comprendre les activités pratiquées alors. Qualifié de majeur pour le Néolithique final (-3200/-2300), l’habitat de Saint-Gély-du-Fesc (Hérault) regroupe des structures en pierres sèches interprétées comme étant quatre cabanes et leurs annexes. Ce site est aujourd’hui une référence.

Pour cette période encore, la connaissance des fosses pièges pour les grands animaux demande à être étayée par de nouveaux exemples. En Champagne, les découvertes réalisées sur l’Arc de Dierrey alimentent ce corpus dans des secteurs peu connus de la région.

Le Néolithique est attesté sur les gazoducs partout en France par de nombreux indices isolés, souvent mal datés et mal caractérisés.
Néanmoins, ils fournissent des repères précieux pour la période.









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Message par Veiovis le Sam 10 Mar - 18:24

5 La Protohistoire : l’accaparement progressif de l’espace rural

Avec l’époque romaine, la Protohistoire est la période la plus souvent rencontrée. Il faut distinguer la phase ancienne, rare (âge du Bronze et premier âge du Fer, entre - 2300 et - 400), de la phase récente, plus fréquente (second âge du Fer - 400 à - 50).

L’intense développement de l’exploitation de l’espace rural à cette période ainsi que la nature des sites, plus structurés et facilement identifiables, la rendent plus perceptible sur le terrain.

la Protohistoire ancienne : parent pauvre des gazoducs Les indices sont exceptionnels, au point de s’interroger sur la méthode d’investigation qui semble peu propice à leur détection.

Les habitats sont de faible ampleur : quelques bâtiments sur poteaux plantés et des fosses et silos témoignant d’activités agraires.

Des occupations peu denses, comme à Aire-sur-la-Lys (Pas-de-Calais), Bavelincourt (Somme), ou des remblais de destruction du Bronze ancien comme à Aubais (Gard) sont signalés. Les ensembles funéraires apportent davantage de connaissances.

La nécropole de la fin du Bronze moyen (fin du ier millénaire avant notre ère) découverte à Marigny- le-Châtel (Aube) mêle inhumations et incinérations au sein d’enclos circulaires ou quadrangulaires.

À Fontvieille (Bouches-du-Rhône), une sépulture isolée de la fin du Bronze final (entre - 1100 et - 700) renouvelle l’approche de la période dans cette région.

Le complexe funéraire et cultuel des viiie-viie siècles avant notre ère, fouillé à Vestric-et-Candiac (Gard), est composé d’un enclos ovale d’une vingtaine de mètres de long comprenant trois dépôts de vases, deux sépultures à inhumation et une fosse à galets chauffés.

Cet ensemble est inhabituel dans la région. Les archéologues le comparent aux complexes associant enclos allongés, enclos circulaires et sépultures que l’on rencontre au Bronze final dans plusieurs régions de la France non méditerranéenne.





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Re: archéologie et gazoducs

Message par Veiovis le Sam 10 Mar - 18:27

la Protohistoire récente : des habitats toujours plus nombreux Sur les emprises étroites des gazoducs, l’organisation des fermes gauloises, couvrant jusqu’à plusieurs hectares, est souvent difficile à comprendre.

Il arrive pourtant que la fouille révèle des vestiges plus significatifs, tel l’habitat de Lacoste à Mouliets-et-Villemartin (Gironde), fouillé sur 8 000 m².
Il est interprété comme une agglomération marché. La grande quantité d’objets en métal découverts témoigne de leur fabrication sur place ; la fibule semble être l’une des spécialités des forgerons de Lacoste.

De nombreux habitats ont été découverts dans le sud de la France mais ceux du nord fournissent plus d’éléments nouveaux.

À Aubigny (Somme), un fossé monumental entourant une enceinte du iiie siècle avant notre ère frappe par ses dimensions. Le fossé était probablement doublé d’un talus et doté d’une très large entrée. Ce type d’aménagement interroge sur le statut des occupants du site.

À Bollezeele (Nord) et Valhuon (Pas-de-Calais), sur le tracé Hauts de France I, deux enclos quadrangulaires de 40 et 45 m de côté portent des traces de réaménagements.

Si l’un disparaît après environ un siècle, l’autre perdure jusqu’au milieu du ier siècle de notre ère, en gardant sa forme gauloise d’origine.

La présence répétée de sites gaulois dans le nord et le sud de la France éclaire le mode d’accaparement de l’espace rural, par un maillage d’établissements hiérarchisés, au cours de cette période. Le monde romain reprendra à son compte ce mode d’exploitation très organisé.

Les travaux sur les gazoducs apportent à cette réflexion une vision élargie en abordant des secteurs habituellement peu étudiés.





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Re: archéologie et gazoducs

Message par Veiovis le Sam 10 Mar - 18:29

dans le nord, des ensembles funéraires prestigieux

Plusieurs sites gaulois ont révélé des sépultures à incinération dans lesquelles les restes du défunt sont accompagnés d’offrandes de qualité.

Il s’agit probablement de sépultures de personnages de haut rang.

Des objets symbolisant le foyer et des restes de mets attestent le banquet offert à l’entourage du défunt. Une douzaine d’ensembles funéraires de ce type sont connus le long de la vallée de la Somme.

À Aubigny (Somme), une sépulture renfermait un important dépôt funéraire.
Des ustensiles domestiques sont en position centrale, un couteau, plusieurs pièces de porc et des céramiques complètent les offrandes. Les cendres du mort, une trousse de toilette et des objets de parure ont été déposés dans un angle de la tombe.

À Marcelcave (Somme), l’une des tombes d’un cimetière du iie siècle avant notre ère se démarque par la qualité et la richesse des offrandes.
Au centre, deux chenets à tête de taureau symbolisent le foyer. De part et d’autre se trouvent une faisselle (moule à fromage à trous) en terre cuite, un chaudron en métal avec sa crémaillère et les restes incinérés du défunt.

Récemment, sur l’Artère du Santerre, les archéologues ont fouillé deux nécropoles à Dancourt-Popincourt et La Chavatte (Somme). Dans cette dernière, deux tombes contenaient des colliers de perles en ambre et les restes d’un conduit en bois qui servait à offrir du vin au défunt.




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Message par Veiovis le Sam 10 Mar - 18:31

6 L’Antiquité gallo-romaine


Elle concerne plus du tiers des sites archéologiques recensés sur les tracés pour seulement quatre siècles.

Cette importante source documentaire met en évidence la diversité des occupations dans les campagnes de Gaule romaine.

les villae : de grandes exploitations agricoles Une quinzaine de villae ont été traversées par des gazoducs dans toutes les régions, montrant la généralisation de ce mode d’exploitation du territoire.

Elles sont plus ou moins étendues et riches, en fonction de la position sociale du propriétaire, qui se devine au travers entre autres des mosaïques, des peintures murales fastueusement ornées, des thermes privés.

À Maillé (Indre-et-Loire), une villa est recoupée sur 200 m de long par la tranchée d’un gazoduc : dépotoirs et matériaux de construction y apparaissent. À Tourmont (Jura), murs et sols de la zone d’habitat d’une villa comprenant aussi un ensemble thermal ont été étudiés.

À Signy-l’Abbaye (Ardennes), les aménagements successifs de la pars urbana (partie résidentielle) d’une villa construite non loin de la voie Saint-Quentin-Reims ont été reconnus. Le bâtiment principal comprend une galerie de façade et une cave en pierre et bois.

Après un incendie, elle est reconstruite en dur, agrandie et dotée de thermes. Les murs en galets, aux traces de mortier, de la villa de Mirabeau (Alpes-de-Haute-Provence) ont été étudiés.

Elle comprenait une partie résidentielle et une partie artisanale dédiée au travail des métaux (plomb et bronze).



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Message par Veiovis le Sam 10 Mar - 18:34

l’agglomération côtière de Pitgam (nord)

Cette occupation était inconnue avant les travaux sur le gazoduc Hauts de France I.

De 1997 à 2015, quatre fouilles y ont été réalisées au rythme de l’extension des installations gazières. Un vaste site dégagé sur 6 hectares, daté du ier jusqu’au milieu du iiie siècle de notre ère, se trouvait tout près du littoral antique.

Des bâtiments y étaient construits en matériaux périssables : ossature de poteaux en bois, murs en torchis et toits couverts de roseaux, abondants dans cette zone marécageuse.

Le nombre de bâtiments et la surface qu’ils occupaient montrent qu’il s’agissait d’une petite agglomération côtière tournée vers la pêche et la culture.

On retrouve les traces d’une production de sel par évaporation, ainsi que des fragments de four et de godets destinés à la fabrication de pains de sel.

Cette activité est attestée sur de nombreux sites du littoral flamand.
La céramique locale prédomine, notamment une céramique modelée qui se maintient jusqu’au iiie siècle.

Ont également été retrouvées des céramiques de contrées plus lointaines : amphores à huile de Bétique, gobelets engobés de Rhénanie et sigillées (céramique fine de grande qualité) du sud de la France.




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Re: archéologie et gazoducs

Message par Veiovis le Sam 10 Mar - 18:37

Pérennité des lieux funéraires

Outre la trentaine de tombes découvertes à Pitgam, on recense surtout des tombes isolées ou en marge d’habitats, comme à Larouillies (Nord) ou à Montarnaud (Hérault).

La nécropole de Laneuvelotte (Meurthe-et-Moselle), fouillée sur l’emprise d’une station de compression, constitue l’ensemble le plus complet.

Elle prend la suite de zones funéraires plus anciennes, des âges du Bronze et du Fer.
La pérennité des lieux funéraires est une constante observée dans plusieurs régions.

Elle atteste l’entretien de ces lieux par les hommes au fil des siècles et le maintien à la surface de marqueurs qui permettaient de les identifier.
La nécropole accueille des défunts de la fin du ier siècle avant notre ère jusqu’au ve siècle de notre ère.
Durant la première période, qui court jusqu’au iiie siècle, 120 sépultures à incinération ont été enfouies, accompagnées de mobilier.

Au cours de l’Antiquité tardive, un enclos maçonné reçoit 28 inhumations, dont plus de la moitié d’enfants ou de jeunes adultes.

L’intérêt de cette fouille est d’avoir traité une nécropole dans son intégralité et documenté des pratiques et des monuments funéraires peu connus en Lorraine.




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Re: archéologie et gazoducs

Message par Veiovis le Sam 10 Mar - 18:39

des lieux de culte

Le fanum, ou temple, de Gavrelle (Pas-de-Calais) est repéré lors de prospections aériennes, sous la forme de traces calcaires en surface des labours.

Il est implanté au BasEmpire (au cours du ive siècle de notre ère) sur un espace de 70 m de long par 60 m de large. Y prennent place une cella (partie centrale et fermée du temple) de 56 m2 et sa galerie périphérique (16 x 14 m).

Un exhaussement de terre scelle un réseau de fossés et une fosse dans laquelle ont été trouvés une monnaie de Tetricus II (270-273) et les restes d’un cheval découpé en quartiers. À Estrées-Saint-Denis (Oise), le tracé de l’Arc de Dierrey rencontre, sur près de 500 m de long, les vestiges d’un sanctuaire gallo-romain avec un théâtre.

Au nord du site les fondations d’un temple du ier siècle de notre ère restituent une cella quasi carrée cernée d’une galerie, le tout clôturé par un péribole (mur entourant l’enceinte sacrée).

La fouille a montré qu’un temple gaulois en bois (et terre ?) avait précédé ce fanum. Un dépôt monétaire et des fragments d’orles de bouclier (renfort métallique) attestent un enfouissement ritualisé. Au sud de l’enceinte sacrée s’ouvre une esplanade donnant accès à un théâtre, de 68 m de diamètre. L’emprise de la cavea (gradins) est constituée d’une butte de remblais sableux arasée.

Au centre, l’hémicycle de 12 m de diamètre est limité par une assise en pierres de grandes dimensions. Ce théâtre prend la suite d’un édifice primitif en bois, édifié lors de la conquête de la Gaule par César. Son abandon remonte au milieu du iiie siècle.

Des prospections géophysiques compléteront le plan au-delà de l’emprise du gazoduc.



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Re: archéologie et gazoducs

Message par Veiovis le Sam 10 Mar - 18:42

7 Du Moyen Âge à l’Époque moderne

des habitats du haut Moyen âge La transition entre l’Antiquité et le Moyen Âge pose la question de la continuité de l’occupation des sites.

Ainsi, à Puissalicon (Hérault), comme à Port-de-Bouc (Bouchesdu-Rhône) ou Laines-aux-Bois (Aube), on observe la réoccupation des villae romaines, sous une nouvelle forme, parfois après un court abandon.

À Plaissan (Hérault), le site étudié en 1996 sur 4 000 m² est un habitat occupé entre le vie et le xe siècle. Sa fouille a été une première dans la région.

Les connaissances ne reposaient alors que sur les textes et les prospections. Probablement s’agit-il d’un hameau abandonné en faveur d’un regroupement de l’habitat.

Dans le nord, les fouilles de sites carolingiens sont peu nombreuses mais chaque découverte apporte son lot d’informations.

Ainsi, un habitat et ses annexes protégés par un enclos palissadé, occupés aux ixe et xe siècles, ont été mis au jour sur le site de Coullemont (Pas-de-Calais).

À Marieux (Somme), on trouve un schéma ressemblant. La qualité des objets retrouvés laisse deviner l’aisance des habitants.




de vastes nécropoles
Les gazoducs ont permis d’explorer sept nécropoles du haut Moyen Âge, presque toutes dans l’est de la France.

Ces ensembles sont toujours impressionnants en raison du nombre important d’inhumations, et parfois de la présence de riches offrandes.

Les tombes, bien alignées et se recoupant rarement, renvoient l’image de cimetières bien gérés.

Ainsi, à Villenauxe-la-Grande (Aube), 45 inhumations sont accompagnées de riches céramiques et bijoux ; à Saint-Aubin-sur-Aire (Meuse), 41 tombes en pleine terre, avec coffrage ou sarcophage, ont été fouillées ; enfin, à Mollans (Haute-Saône), dans la tranchée de l’Artère des Marches du Nord-Est, une cinquantaine de tombes organisées en rangées ont été étudiées.




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Re: archéologie et gazoducs

Message par Veiovis le Sam 10 Mar - 18:46

des habitats du bas Moyen âge

À Brouckerque (Nord), le site a été occupé entre le xe et le xiiie siècle.

Une première phase voit la mise en place d’un habitat ceinturé par un fossé, sur une terre à l’abri des eaux mais non loin du rivage.

L’organisation, bien qu’un peu confuse, atteste la présence d’un habitat.

Il a été érigé sur une plate-forme artificielle, le long de la Colme, un ancien bras de l’Aa.

Par la suite, des fossés de drainage ont été creusés.

Peu spectaculaires, ils témoignent toutefois d’une importante transformation du paysage par l’homme au xiie siècle menée sous l’autorité des comtes de Flandre.
L’installation d’une conduite gazière a permis de retrouver le village de Villers-le-Sec (commune de Châtenois-les-Forges, Territoire de Belfort), abandonné au cours de la guerre de Cent Ans, et d’identifier certains éléments le constituant : bâtiments, chaussée, etc.

La qualité de conservation des vestiges et le croisement avec les sources textuelles rendent cette découverte extrêmement intéressante. Pour préserver cet élément du patrimoine régional, le tracé de la conduite a été modifié.

une découverte de l’époque moderne Une découverte originale a été faite à 13 km au large de Fort-Mardyck (Nord), lors de la pose d’un gazoduc sous-marin.

Il s’agit d’une pièce d’artillerie de 500 kg, souvent présente sur les navires marchands et corsaires à la fin du xviie siècle.

Cette bouche à feu de petit calibre est de fabrication française ou suédoise.




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Re: archéologie et gazoducs

Message par Veiovis le Sam 10 Mar - 18:49

8 À travers les paysages : l’aménagement du territoire par l’homme

En une quarantaine de lieux, partout sur le territoire métropolitain, les gazoducs ont rencontré des voies anciennes. Majoritairement d’époque romaine, ces voies principales ou secondaires sont faciles à identifier dès lors qu’un nom évocateur y est encore attaché sur les cartes topographiques.

À Mandeure (Doubs), une surveillance de tranchée a mis en évidence la pile d’un pont du ive siècle de notre ère associé à une voie.

À Raray (Oise), c’est la Chaussée Brunehaut, importante voie romaine reliant Senlis à Soissons qui a été étudiée en plusieurs points.

La reprise de son tracé par des chemins et des limites communales a facilité son identification.

De la même façon, une coupe a été réalisée à travers la voie romaine reliant Paris à Rouen, à hauteur de Guiry-en-Vexin (Val-d’Oise). Une autre voie romaine majeure, reliant Langres à Trèves, a été touchée à Martignyles-Gerbonvaux (Vosges).
Elle est large de 13,50 m et plusieurs états de remblais soulignent son entretien régulier. Les gazoducs ont aussi permis de croiser un autre type de linéaire : les aqueducs. Plusieurs ont été étudiés dans le sud de la France.

À Bellegarde (Gard), l’un d’eux prend la forme d’une conduite d’1,20 m de haut et d’une cinquantaine de centimètres de large, recouverte de deux à trois couches de mortier hydraulique. Son utilisation est datée entre le milieu du ier siècle et la fin du iie siècle de notre ère.








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Re: archéologie et gazoducs

Message par Veiovis le Sam 10 Mar - 18:53





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Re: archéologie et gazoducs

Message par Veiovis le Sam 10 Mar - 19:36

Le tracé

Les gazoducs Hauts de France : une opération archéologique « à plein tube »

GRTgaz possède et exploite en France le plus long réseau de transport de gaz naturel à haute pression d'Europe.
En 1997, l’entreprise a engagé les travaux de pose d’une canalisation reliant la station de Loon-Plage, dans le Nord, au site de stockage souterrain situé sur les communes de Cuvilly et de Gournay-sur-Aronde, dans l’Oise. Dénommé Artère des Hauts de France I, ce gazoduc a fait l’objet d’un doublement en 2013 (Artère des Hauts de France II).
Des opérations archéologiques conduites par l’Inrap ont eu lieu à l’occasion des deux phases du chantier, davantage dans la région Nord-Pas de Calais en 1997 (de février à juillet), et de façon plus importante en Picardie de mars 2012 à février 2013.

Un tracé étroit et long

Le chantier de construction d’un gazoduc présente des caractéristiques particulières : longueur et étroitesse du tracé, positionnement de préférence à l’écart des zones urbanisées, rapidité d’exécution du chantier, interférence avec d’autres intervenants et forte exigence sur la sécurité du chantier et les questions environnementales.
Les opérations archéologiques conduites par l’Inrap sur les canalisations Hauts de France et Hauts de France II ont dû tenir compte de ces données.

Un chantier archéologique rapide

L’intervention archéologique sur un gazoduc est parfaitement insérée dans le déroulement du chantier et le moindre retard aura des conséquences directes sur le planning global de l’opération.
L’intérêt du maître d’ouvrage est donc que les opérations archéologiques soient réalisées le plus en amont possible, afin de limiter les interférences entre les intervenants et le chantier de pose.

Un partenariat efficace

Aussi, pour répondre à ces contraintes, les équipes opérationnelles de l’Inrap ont-elles développé, depuis plus de 15 ans, des méthodes de travail adaptées à ce type de tracé. Le partenariat signé en septembre 2011 avec le maître d’ouvrage GRTgaz est venu entériner la qualité de cette collaboration, qui, depuis, a été mise en œuvre sur plusieurs autres tracés en Nord-Pas de Calais, en Picardie, en Champagne-Ardenne et, prochainement, en Bourgogne.

Des méthodes de diagnostic spécifiques

Première étape du travail des archéologues, le diagnostic a pour objectif la détection de sites archéologiques sur l’épaisseur de sol concernée par les travaux. Dans le cas du gazoduc Hauts de France, le diagnostic s’est déroulé entre 0 et – 3,00 m de profondeur.
À l’issue de cette étape, les archéologues doivent être en mesure de préciser l’ampleur, la nature, la densité et l’état de conservation des vestiges découverts.

La méthode retenue sur le tracé Hauts de France a consisté à travailler sur une bande de 4 m de largeur correspondant à l’emplacement de la tranchée de pose de la future conduite.
Compte tenu du potentiel archéologique spécifique à la région, le diagnostic s’est réalisé en deux temps, d’abord sous la forme de tranchées peu profondes pour détecter les sites de surface, puis sous la forme de sondages profonds dans des secteurs ciblés, susceptibles de recéler des indices de sites préhistoriques plus profondément enfouis.

Quatre étapes peuvent être distinguées dans le déroulement du diagnostic ; elles ne sont pas interchangeables et se suivent toujours dans le même ordre :

- l’ouverture de la piste, qui comprend le piquetage des emprises, la mise en place des signalisations et l’éventuelle dépollution pyrotechnique (réalisée en 2012 sur une vingtaine de km dans la Somme et l’Oise) ;

- la réalisation des sondages par les équipes d’archéologues (ils doivent suivre un rythme d’avancement journalier d’environ 600 m linéaires) et leur relevé au GPS par un topographe. Chaque équipe est chargée de traiter 15 à 20 km ;

- le remblayage soigné qui doit respecter les engagements pris auprès de la profession agricole, puis la restitution des terrains ;

- la rédaction du rapport de diagnostic, avec une restitution des résultats dans un délai très court (6 à 8 semaines maximum).

Les fouilles

Quand la qualité des vestiges le demande, une seconde intervention, dite de fouille, peut être mise en œuvre sur un périmètre restreint. Elle se déroule nécessairement sur une durée réduite, à fortiori quand le chantier de pose est déjà engagé.

Si bien que les équipes mobilisées doivent être nombreuses ;
5 à 8 fouilles se sont parfois déroulées concomitamment, avec des moyens humains et des ressources logistiques dispersés tout au long du tracé du gazoduc Hauts de France.
Cette organisation exige une parfaite coordination technique et de calendrier entre les équipes de l’Inrap, le maître d’ouvrage GRTgaz et les entreprises réalisant la construction.

En deux temps

Quinze années (1997 – 2012/2013) séparent les deux opérations archéologiques menées sur les artères Hauts de France, auxquelles se sont ajoutées deux interconnexions situées aux extrémités du tracé, à Pitgam et à Cuvilly.
Cet intervalle a permis de mesurer les avancées techniques de la recherche archéologique et tous les avantages de la professionnalisation accrue, avec des équipes d’archéologues rompues à travailler dans un cadre où la vitesse d’exécution et la réactivité sont primordiales. Cette adaptation contredit l’image traditionnelle de l’archéologue qui prendrait tout son temps.

Les deux opérations permettent aussi de mesurer les avancées de la recherche régionale, les travaux sur les deux gazoducs ayant chacun apporté leur lot de découvertes et d’informations scientifiques. À ce titre, elles participent pleinement à la connaissance des civilisations qui se sont succédées sur le territoire des deux régions de Picardie et du Nord-Pas de Calais.

https://multimedia.inrap.fr/atlas/gazoducs-hauts-de-france/le-trace-des-gazoducs#.WqQkRUxFweE

https://multimedia.inrap.fr/atlas/gazoducs-hauts-de-france/sites-archeologiques-gazoducs-hauts-de-france#.WqQj7ExFweE
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Re: archéologie et gazoducs

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